Pourquoi les « éditeurs » à compte d’auteur existent… et fonctionnent ?

orgueil-mal-place

Parce que l’orgueil.

Parce que ce sont des petits malins qui ont très bien compris que n’importe quel « auteur » blackboulé par les vraies maisons d’édition va vouloir à tout prix ( j’ai bien dit à tout prix ) que son oeuvre existe, porte son nom en gros et devienne un produit que l’on peut acheter.

Alors, tant pis s’il doit courir chez Cetelem, tant pis si ses quelques ventes ne couvriront jamais les mensualités.

Papy Charles nous l’a assez beuglé: « Si tout a raté pour moi, si je suis dans l’ombre, ce n’est pas ma faute, mais celle du public qui n’a rien compris »

Oui, mais, vont nous rétorquer ceux qui ont fait ce « choix » ( en désespoir de cause, le choix ), c’est parce que les exemples d’auteurs dont personne n’a voulu et qui ont explosé les ventes sur Amazon, puis ont été repérés, ça ne manque pas.

En effet. Ils sont moins nombreux que les gagnants du premier rang, mais ils existent. Des pépites passées au travers des tamis.

Comment ils font pour vous soutirer beaucoup de sous en vous vendant de l’espoir ?

Personne n’a l’idée saugrenue d’envoyer spontanément et en première intention son manuscrit fraichement achevé à un éditeur à compte d’auteur. Personne. L’idée va faire doucement son chemin quand après quelques lettres de refus, le découragement va s’installer. L’auteur va alors envoyer, pour voir, son travail à ceux qui sont un peu moins regardants.

Et là, truc de dingue ! Pas de délai de quatre mois, parfois une semaine suffit. Ils ont détecté en vous le talent « y’a quelque chose dans cette écriture-là »…avant d’annoncer le coût de son analyse: 4000 balles !

Pour ce prix-là, vous aurez votre oeuvre en version papier avec quelques exemplaires «gratuits», bande de veinards,  à distribuer à la famille et aux amis, une couverture que vous n’aurez pas choisie, le titre que vous vous voulez, on s’en fout de toute façon, idem pour la 4ème et je ne vous parle pas du contenu, ce sera votre petit trésor plein de coquilles, personne n’y mettra sa patte, n’ayez crainte.

Éditeur, c’est un métier, je n’ai pas été payée pour le rappeler.

Ce que font ces gens-là, je ne sais pas ce que c’est, mais ça n’est pas de l’édition.

29 réflexions sur “Pourquoi les « éditeurs » à compte d’auteur existent… et fonctionnent ?

  1. Bonjour,
    Je suis journaliste et je viens à l’instant de répondre ceci à une auteur qui me disait que XXXX (maison d’édition à compte d’auteur) n’était pas un grand éditeur et c’est pour ça que je ne voulais pas lire son livre :

    « Rebonjour YYYYYY,

    Il n’est pas question ici de grand ou petit éditeur. Un éditeur classique quand il aime un livre ne demande pas d’argent à un auteur sinon cela ne s’appelle pas un éditeur, mais un imprimeur à la demande.

    Un véritable éditeur va travailler avec son auteur le texte pour le muscler, un manuscrit aussi bon soit-il est toujours faillible. Un manuscrit tant qu’il n’a pas été travaillé avec l’éditeur ne reste qu’un manuscrit.

    Je suis certain que non loin de chez vous, il y a beaucoup de petits éditeurs, que l’on appelle à « compte d’éditeur », qui auraient été heureux de travailler avec vous. Après, à combien d’éditeurs « classiques » avez-vous envoyé votre manuscrit ? 2 ? 5 ? 10 ?

    Il existe en France, 10 000 éditeurs classiques qui travaille à compte d’éditeur, je pense qu’il y avait le choix.

    Comme vous pouvez le voir sur notre site, nous ne faisons aucune différence entre un « petit » et un « grand » éditeur. Nous recevons beaucoup d’albums et de romans de « petits » éditeurs qui sont souvent de qualité égale et même meilleure que certains grands éditeurs. En revanche, nous faisons une différence entre un éditeur et un imprimeur. Un éditeur qui fait du compte d’auteur n’est pas un éditeur.

    Au plaisir de vous lire chez un véritable éditeur, grand ou petit.

    Cordialement. »

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  2. Oui, moi aussi j’en connais des éditeurs à compte d’auteur, à commencer par moi ! Peu importe, j’aime écrire et je continue même sans talent… Mon dernier roman  » Les Surnommés du Poitou » sera édité chez GESTE EDITIONS, du talent peut-être, allez savoir !

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  3. pour ma part, j’ai découvert ce principe de manière totalement innocente: j’avais envoyé mon roman dans une  » petite maison d’édition » et la, miracle ! Accepté ! Youhou !… Contre 3000 euros… J’avais 20 ans et j’avais pas 3000 euros, j’ai donc cherché à en savoir plus… J’ai découvert qu’une asso d’écrivains avait fait un petit test : leur envoyer « madame Bovary » en changeant les noms… Le roman avait été adopté à l’unanimité par « leur comité de lecture »… Du coup, ils n’ont jamais vu les 3000 euros que je n’avais pas et ca m’a refroidit un moment !!!!

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  4. Des pépites ? Mouais… Des bouquins qui ont fait des ventes certes. Mais des pépites…
    On sait que certains bouquins excellents sont publiés et mal vendus, que des bouquins médiocres font des succès de librairie ?
    Pourquoi ? On ne sait pas toujours. Et même les meilleurs éditeurs ne savent pas toujours ce qui va se vendre.

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    • Un éditeur vit avec quelques gros best sellers, qui sont rarement ce qui se fait de mieux en littérature mais qui font du chiffre. Ensuite, il y a le rôle de la presse, qui portera ou pas un texte, les Prix, et cette part de mystère qui échappe à toute logique et à toute prévision.

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      • Oui oui mais les pépites découvertes sur le net sont des bouquins qui se sont bien vendus, mais pas forcément de bons bouquins.

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      • Peut-être parce qu’elles correspondent à ce que cherchent certains lecteurs. Tous les lecteurs n’ont pas le même degré d’exigence. L’important, c’est de lire et que chaque lecteur se fasse plaisir. Mais nous nous éloignons des éditions à compte d’auteur que je considère comme une véritable arnaque, une imposture.

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  5. Pavé dans la mare ?

    Allez zou, allons-y franco… Je connais un éditeur numérique, dois-je le nommer pour me faire attaquer en diffamation, je l’attends toujours et il ne fera rien… Cependant, cet éditeur auvergnat numérique dispose de 140 auteurs qui ont signé des contrats d’éditions numériques, comment dire, bref, des gens de LOI s’en occupent dans l’ombre et ce gars-là va sentir son année 2016 bien profond…

    Pour en revenir à ce gredin, là où il fait fort de café c’est qu’il propose des versions papiers des romans édités numériquement à compte d’auteur à la simple signature d’une annexe de contrat signé sur un compte éditeur numérique et là, je suis effaré que ces auteurs se fassent berner pour le seul prétexte de voir leur nom en haut d’une couverture… Qu’ils gagneront des cent et des milles… Comme quoi, pour arriver à la soit disant postérité, certains et comme leur éditeur l’a exprimé dans une interview voudrait juste être édité, même sur du papier Q…

    Pour rappel, l’auteur veut sa version papier, il doit acheter 50 exemplaires et débrouille-toi, vas faire tes salons toi-même, sans accréditation ou justement ne parle pas de moi en tant qu’éditeur car je n’ai que le numéro de Siret et le code NAF comme seules informations…

    Hey Madame, je t’embrasse avec les Boyz, toi et les tiens… Ciao Bella…

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  6. Mais bien sûr qu’il faut balancer ! Je l’ai d’ailleurs fait sur un autre billet et je n’ai jamais été attaquée en diffamation, puisque diffamation il n’y a pas. Il s’agit d’expliquer des faits qui relèvent de l’arnaque pure et simple. Et il faudrait une fois pour toutes que les auteurs cessent de vider leur compte en banque chez ces escrocs !

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  7. L’éditeur dont parle Herreiffel fait du compte d’auteur sous couvert du compte d’éditeur numérique.
    J’ai beaucoup aimé aussi l’intervention de Fred. Personnellement, j’ai une dent contre les petits éditeurs à compte d’éditeur, qui se sont déclarés éditeurs sur le papier sans rien connaître du monde de l’édition. Certes, le compte d’auteur est sans doute le plus désastreux (surtout en matière de frais), mais les amateurs du compte d’éditeur font aussi beaucoup de mal quand on s’y laisse prendre.
    Mais que faut-il faire donc ? Envoyer un questionnaire en règle à l’éditeur avant de signer son contrat ?

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  8. Ma petite contribution : un autre métier est en train de se développer, qu’il ne faut pas mettre dans les même panier. Je suis un tout petit éditeur régionaliste, en distribution directe sur 2 départements. Et il se trouve que j’ai aussi accompagné des amis ou des connaissances pour éditer leurs ouvrages. En particulier dans le domaine de la photographie, où l’auto-édition est de plus en plus courante.
    Certes ils payent, mais la prestation technique est très claire. Je définis avec eux leur cahier des charges, contacte 3 imprimeurs (qu’ils payent directement sans que je touche de commission), fais la PAO avec eux, les accompagne à l’impression. Bref, ils restent éditeurs.
    Pour l’instant, tous s’en trouvent très satisfaits.
    Tout ça pour dire que l’édition à compte d’auteur, si elle a permis à quelques margoulins de prospérer, n’est pas forcément une mauvaise idée en soi. Il faut simplement que les choses soient claires : qui est l’éditeur (sur du compte d’auteur, c’est l’auteur), qui est l’imprimeur, qui est le soutien technique.

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    • Je mets un bémol : l’auteur n’est pas l’éditeur par le simple fait d’avoir payé. Éditer ne se résume pas à assumer les frais de publication mais à fournir un véritable travail éditorial sur le texte, sur la maquette et au niveau de la communication. L’auteur ne peut donc jamais être l’éditeur.

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      • Un auteur, aussi sérieux soit-il, n’aura jamais les compétences d’un véritable éditeur. Quels livres auto-publiés ont les honneurs de la presse ? Combien d’auteurs auto-publiés sont présents en librairie ? Le seul point positif de l’auto-édition est une relative liberté de l’auteur qui reste propriétaire de son texte.

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      • Il se trouve que l’auto-édition est en train de prendre beaucoup d’ampleur dans le monde du livre photo, avec une chaine de compétence qui se redistribue. La financement via les plat-formes participatives est en pleine expansion, et se révèle efficace. Les auteurs se mettent à la PAO, épaulés par quelques imprimeurs compétents (type Escourbiac, par exemple). reste la diffusion, où les réseaux sociaux aident mais ne font pas tout le boulot. Bref, ce que vous dites était vrai il y a 20 ans, mais nous avons changé de paradigme. L’auteur est de plus en plus souvent l’éditeur, parfois pour le pire, mais souvent pour le meilleur. Et ce mouvement va forcément s’amplifier.

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      • Pour rappel, le sujet de ce billet est l’édition à compte d’auteur. L’auto édition, si elle permet la liberté de mouvement de l’auteur ne permet encore que rarement une mise en lumière médiatique. Quelques exceptions confirment la règle, pour autant, les ouvrages auto-édités ne bénéficient pas encore pour l’heure de la considération des critiques littéraires, des journalistes et des libraires qui demeurent prescripteurs. Mais ce sujet mériterait un billet spécifique, je vais y penser.

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      • Pour ce qui est des honneurs de la presse, ouvrez un « Chasseur d’Images » ou un « Réponses Photo », vous serez étonnée du nombre de livres auto-édités présentés, souvent par des auteurs qui auraient largement pu intégrer une grosse maison d’édition, mais ont préféré tracer leur route seuls. Je pense à Stéphane Scotto, dont les livres auto-édités ont eu un grand succès. Je pense aussi à Vincent Munier, le photographe animalier de référence aujourd’hui, qui collabore avec Matthieu Ricard et Charlélie Couture. Bref, l’auto-édition est pour eux un choix, et leur permet de produire des ouvrages qui n’auraient pas pu exister dans un circuit classique.

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    • Un livre ayant bénéficié d’un vrai travaille éditorial n’a pas forcément droit à une reconnaissance médiatique. Et à l’inverse, certains livres font parler d’eux en ayant pourtant une qualité plus que douteuse. D’ailleurs la plupart du temps ce sont les grosses maisons d’éditions qui bénéficient d’une image médiathèque grâce à leur nom. Ce que n’a effectivement pas un livre auto-édité qui doit faire son petit bonhomme de chemin tout seul, sans que cela ne l’empêche de bénéficier d’une qualité d’ouvrage similaire à un livre sortit d’une grosse maison.

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      • Les mystères de l’édition, de ce qui fait et défait un livre sont insondables. Raison de plus pour l’entourer des meilleurs attentions. Encore une foi, l’auto-édition n’est pas l’édition à compte d’auteur dont il est question dans ce sujet.

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  9. Etant l’éditeur auvergnat incriminé par Mr Herreiffel, je ne sais pas si je peux avoir un droit de réponse ? Mais je tente.
    Je m’appelle Lilian Ronchaud et je suis donc le responsable (et le seul « personnel ») des éditions L’ivre-Book.
    Je suis un éditeur de livres numériques et les auteurs signent avec moi un contrat d’édition à compte d’éditeur. J’ai effectivement environ 150 auteurs ayant signé avec moi, ils ne m’ont jamais donné un cent.
    Dans ce contrat, je leur demande l’exclusivité des droits d’exploitation numériques, ils sont libre de faire ce qu’ils veulent avec le papier.
    En droits d’auteur numérique, ils touchent 40% du prix HT du livre lorsqu’il est vendu sur la boutique de L’ivre-Book, 20% lorsqu’il est vendu sur les autres boutiques (Amazon, FNAC, Kobo, Google…), ils touchent 50% de la redevance que j’encaisse sur les sites de lecture en streaming (Youboox, youscribe). Sur ces droits, je m’acquitte des cotisations à l’AGESSA de ma poche, puisque je ne les déduit pas de leurs droits.
    On peut me reprocher de ne pas faire suffisamment de communication ou de promotion autour de ces livres, cela c’est à chacun de juger.
    En fin d’année 2015, j’ai pu fêter ma 200ème publication numérique. Mes ebooks payants (car j’en ai des gratuits) se téléchargent entre 30 et 2000 exemplaires, selon le succès de chacun.
    Certains de mes auteurs m’ont demandé si je pouvais faire une publication papier de leur ouvrage aux couleurs de L’ivre-Book.
    Pour le papier, je n’ai ni distributeur ni diffuseur et je n’en souhaite pas car, tout le monde le sait, je ne suis pas éditeur papier mais seulement éditeur numérique.
    J’ai réfléchi à la demande de ces auteurs et leur ai proposé une version papier de leurs livres sous forme d’impression à la demande. Mes premiers tirages font entre 80 et 150 exemplaires et ils m’en achètent au minimum 20 ou 30 exemplaires.
    J’ai donc créé une annexe à leur contrat numérique qui résume en quelques phrases notre accord pour une publication papier. Ce n’est pas un contrat d’édition ni à compte d’éditeur, ni à compte d’auteur, puisque je ne suis pas éditeur papier et, je le répète tout le monde sait à quoi s’en tenir. Cette annexe peut être dénoncée à tout moment sans problème.
    Pour leurs propres besoins, ils peuvent m’acheter les livres papier avec une réduction de 40%.
    Ils touchent 20% sur les ventes papier faîtes par L’ivre-Book.
    Ces livres papiers sont donc en vente par les auteurs, sur la boutique de L’ivre-Book et depuis peu sur Amazon.
    Lorsque nous faisons des salons ensemble (car je me déplace de temps en temps avec eux sans être masqué), je leur propose, s’ils le veulent, de vendre leurs propres livres papier qu’ils m’ont achetés. Je n’ai pas les moyens de payer leurs déplacement ou leurs hébergements, je leur paye seulement leurs repas, je trouve donc normal qu’ils vendent leurs propres livres. J’accepte même qu’ils en vendent venant d’autres éditeurs.
    Lorsqu’ils font eux-mêmes des salons, je peux leur fournir des banderoles, des affichettes… au nom de L’ivre-Book et non pas seulement avec mon numéro de SIRET.
    Je le répète donc encore encore une fois, je suis un éditeur de livres numériques à compte d’éditeur. Les versions papier existantes sont faîtes sur un accord entre les auteurs et moi et n’est nullement (et loin de là) une obligation.
    Merci de m’avoir lu ? Je serai ravi de répondre à vos questions si vous en avez.

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