Putain de Saint Valentin !

Top et Flop : 5 livres de circonstance.

Pas très inspirées par le thème les Malfauteuses. Alors on a envoyé Cupidon à la chasse aux coups de coeur. Il en a rapporté quatre. Le cinquième, c’était juste une passade, un coup d’un soir, sans conséquence.

 

 

Marquise des Anges : momeries et mièvreries* ?

par Carole Declercq

Il faut dire qu’ils les ont bien choisis. Les nibards. Ceux de Michèle Mercier, je veux dire. Nos pères, nos grands-pères avaient les yeux aimantés dessus et bavaient salement. Et nos mères ne  voyaientque la balafre à Joffray. Du coup, on s’est dit, nous, littérateurs, Angélique, c’est de la daube !

angéliqueEh bien, non, figurez-vous.  En bonne malfauteuse qui a signé le contrat et est prête à descendre pour vous dans tous les égoûts littéraires, grimper sur tous les Mont Parnasse de la prose de haute volée, je suis allée coller mon nez là-dedans et je me suis rendu compte que le roman-fleuve d’Anne Golon est un excellent roman historique. Certainement pas un roman de gare, comme on a bien voulu le faire croire ! Je vous le dis sans ergoter. Ecrit certes de façon classique, rien de neuf sous le soleil. En même temps, lire une phrase avec un sujet, un verbe et un complément et une subordonnée, c’est assez reposant en ces temps de simplification excessive où  chaque plumitif se sent obligé de déconstruire son propos dans l’espoir de plaire à Télérama.

Angélique, donc. A la veille de la Saint Valentin, ça me semble de circonstance car c’est une amoureuse, une vraie, une increvable. Tant de constance, ça force l’admiration ! Anne Golon vous la balade de la France au Québec, via le royaume du Maroc, sur les traces de son Joffray, en suivant une trame narrative en béton armé, et tout cela, avec un luxe de détails, de précisions historiques qui rendent baba. Jamais saga n’a ressuscité autant de personnalités historiques. Elles se meuvent au fil des pages avec un réalisme stupéfiant.

Angélique, il faut le savoir, c’est aussi un incroyable succès dès les années 50. Preuve en est l’adaptation cinématographique, les rééditions. Mais aussi, tenez-vous bien, pour Anne Golon, la pauvreté. Elle se ruinera dans une très longue procédure contre des éditeurs indélicats. Aujourd’hui, âgée de 94 ans, Anne, bon pied bon œil, tient encore la barre et sera la marraine du premier Festival du roman féminin à Paris les 20 et 21 avril prochains. 

Malfauteuses, je vous le dis, on a de l’avenir !

*Dixit Joffray de Peyrac dans le tome I.

Angélique, Marquise des Anges, en réédition augmentée aux Editions de l’Archipel, depuis 2009.

 

BojanglesEn attendant la Sainte Georgette.

Et Bojangles.

Pas de place aux amourettes.

Par Cathy Galliègue.

Après les premières pages, j’ai eu peur, c’est vrai, de me retrouver dans la grande maison au bord du Léman, chez les Jardin, vous vous souvenez ?

Parce qu’on retrouve dans l’histoire cette folie heureuse, ce bonheur sans limites de faire ce qui ne se fait pas et d’inviter la fantaisie loufoque dans le quotidien d’un couple follement amoureux. Un couple et leur petit garçon. Et c’est cet enfant qui raconte, avec cette innocence tout crue, ce regard que nous perdons tous en grandissant. La villa au bord du Léman s’éloigne, il n’y a pas de Jardin mais un lierre immense enroulé autour d’un buffet trop laid, un immense échiquier sur les dalles noires et blanches de l’entrée, une maman qui tutoie les étoiles mais vouvoie tout le monde, un cavalier prussien et une montagne de courrier pas décacheté.

Alors ça danse, inlassablement, toutes les nuits. Le vieux 33 tours sous le diamant distille Mister Bojangles, la voix de Nina, et ces amoureux fous dansent. La grue apprivoisée, Mademoiselle Superfétatoire balade son long cou orné de perles parmi les invités, l’ami fidèle baptisé l’Ordure essaie désespérément de faire tenir son assiette sur son ventre débordant de générosité, les cocktails sont religion, le papa baptise chaque jour la maman d’un nouveau prénom, les heures n’existent pas. Tout naturellement, la Saint Valentin n’existe pas non plus. Et puis chez eux, c’est tous les jours la grande tête de l’amour.

« Un jour par an seulement, ma mère possédait un prénom fixe. Le 15 Février elle s’appelait Georgette. Ce n’était pas son vrai prénom, mais la Sainte-Georgette avait lieu le lendemain de la Saint-Valentin. Mes parents trouvaient tellement peu romantique de s’attabler dans un restaurant entourés d’amours forcés, en service commandé. Alors chaque année, ils fêtaient la sainte-Georgette en profitant d’un restaurant désert et d’un service à leur seule disposition. De toute manière, Papa considérait qu’une tête romantique ne pouvait porter qu’un prénom féminin.

Pour eux, la Saint Georgette n’était surtout pas la fête des amourettes. »

Forcément, le château en Espagne va s’effriter, et nous avec, en tournant les pages.

Le père écrit son roman, un roman sans queue ni tête, des mots lucides et apeurés, l’enfant nous en offre des passages et le lecteur, spectateur impuissant de la chute de leur royaume, du déménagement du cerveau de la maman, retiendra son souffle en espérant…

Mais chut. c’est la fête de l’amour. Soyons heureux et fous et indisciplinés, seuls ou accompagnés. Tous les jours de l’année.

En attendant Bojangles. Olivier Bourdeaut

Éditions Finitude. 18.50 euros

 

Recettes pour amoureux.

Par Roselyne Madelénat.

AMOUREUX Couv rvb« Il n’y a pas d’amour, il n’y a que des preuves d’amour », soutenait Jean Cocteau. La Saint-Valentin peut être la journée des preuves par excellence, en commençant ou en finissant par la cuisine. Mais une cuisine d’amoureux.  Elaborée rien que pour ça. Comme cadeau. Comme frissons. Et pour l’extase.

Cette extase à laquelle Sonia Ezgulian nous amène dans son livre « Recettes pour amoureux », un carnet manuscrit de petits plats élaborés pour deux. Elle en connaît la transmission, elle dont la grand-mère arménienne lui a appris l’art des saveurs.

Elle en connaît le langage, elle, la journaliste.

AMOUREUX pages8

Dans ce livre merveilleusement illustré, on  n’apprend plus à dire des mots tendres, mais une expression très simple et très ludique : « Je vais te manger mon amour ! ».

AMOUREUX pages12

Editions Stéphane Bachès. 16,50e

 

 

COUV'-J'AI LIKE-HAUTE-DEFJ’ai liké ton profil… et j’aurais pas dû.

de Paula Haddad (avec des illustrations de Joëlle Passeron) aux Editions Archipoche.

Par Monique Ayoun.

Un petit livre savoureux —et pas si léger que ça— sur les sites de rencontres.

Quoi de plus agaçant que la Saint-Valentin avec son sempiternel matraquage médiatique sur l’Amûuuur et les merveilleuses idées de cadeaux à offrir à son amoureux ? Agaçant, voire déprimant, surtout lorsqu’on cherche désespérément celui-ci depuis des années !

 

 

C’est le cas de Paula Haddad (jolie journaliste parisienne de 40 ans), qui — en plus d’un boulot très prenant— a passé dix ans de sa vie à surfer sur les sites de rencontres, à enquiller des milliers de « chats », mails, conversations skypées, SMS de 06 inconnus, donc un full time job, tout cela pour quoi ? Pour aboutir à ne rencontrer personne !

Nuance : Paula en a rencontré du monde, bien sûr ! Beaucoup d’hommes, plus bizarres ou indélicats les uns que les autres. Son livre nous offre un florilège décoiffant de ses expériences les plus lamentables. 

En première ligne, il y a bien sûr les acharnés du plan Q qui donnent rendez-vous le plus tard possible dans la soirée pour éviter de passer par la « case restau ». Citons également et en vrac ceux qui mettent du fond de teint sur la trace qu’a laissé leur alliance, ceux qui n’offrent un café qu’avec la garantie de passer au lit après, ceux qui invoquent, pour se défiler, leur chien malade ou une étrange maladie de Parkinson soudainement déclarée, ceux qui donnent des leçons de diététique alors qu’ils sont eux-mêmes bien enrobés, ceux qui vous engueulent « Tu réponds jamais, connasse ? » si vous avez eu le malheur de ne pas répondre assez vite à leur message… J’en passe et des meilleures.

La palme de la grossièreté revient à celui qui vous envoie un texto avec une photo de lui en érection alors que, le cœur battant et la tête pleine de rêves, vous accouriez à un rendez-vous que vous imaginiez romantique. 

Les récits du premier rendez-vous au café sont amusants, compte tenu de l’immense décalage (très fréquent) entre l’homme IRL (In Real Life) et sa fiche.

Pour tous ces hommes bizarres, mufles, mesquins ou mytho, Paula Haddad a inventé un concept : elle les surnomme les « e-boulets ». Jolie trouvaille ! Comment détecter un « e-boulet » ? Le e-boulet, a tendance à mentir sur son âge, sa profession, sa situation de famille ou même géographique.

Au énième rendez-vous foireux, Paula Haddad s’est quand même un peu inquiétée : suis-je donc la seule à vivre autant d’expériences bizarres ? Est-ce ma faute ? Mais en glanant les témoignages d’utilisatrices autour d’elles, elle s’est rendue compte que ses (més)aventures n’avaient rien d’extraordinaire. C’est ainsi qu’elle a voulu en tirer un livre.

Mine de rien, celui-ci met en évidence les dérives que peut générer l’outil Internet. Il brocarde la brutalité, la cruauté des comportements qui sont coutumiers sur ce support. La proximité est immédiate, on se dit très vite « bisous », « hello, tu as passé une bonne journée ? » mais les gens peuvent se dérober du jour au lendemain sans explication. La désinvolture est de règle. Et le pire, c’est que bien souvent on finit soi-même par adopter ce genre de comportement ! La muflerie, autant que le zapping, est quelque chose de contagieux, semble-t-il, et presque d’inévitable.

« Dans le grand supermarché du Net, écrit Paula Haddad, le produit qui était encore consommable la veille à 20H est peut-être déjà périmé, pris d’assaut par les nombreuses concurrentes. »

Résultat, aucun rendez-vous n’est fiable. Il peut être annulé quelques heures avant, voire, —ça, c’est fort !— PENDANT :

«  Ce soir-là tu n’avais pas prévu le coup du « demi-lapin ». Tu discutais avec lui de la vie, de la mort, de la psychanalyse, de la coiffure (car tout est lié ou presque) quand il s’absente aux toilettes. A son retour, le glas a sonné : il doit impérativement passer chez sa sœur avant 20H. Traduction : il a reçu un texto de son plan n°2 (sa préférée) qui veut le rencontrer. »

Evidemment on rit, on rit à chaque page. Les anecdotes et le bêtisier des fiches ou des annonces donnent l’occasion de s’en payer une bonne tranche.

Mais derrière l’humour féroce, on sent bien le désespoir. Paula a décidé de rire pour ne pas pleurer. Elle sublime avec panache ses échecs… 

PaulaIl est vrai que deux ou trois rendez-vous ratés, on peut le tolérer. Mais au bout du énième, ça use, ça abîme et ça fait mal. C’est pourquoi Paula Haddad est impitoyable. Quand elle épingle ses « e-boulets », elle s’en donne à cœur joie ! Mécanisme de défense oblige — et sans doute pour éviter d’engloutir trop de Nutella  — elle trempe sa plume, après chaque rencontre, dans le vitriol… Paula Haddad a la rage. Cela donne un petit livre noir, cynique, cruel… et d’autant plus jubilatoire !

 

 

 

 

couv' célibetteCélibataire, Faut pas t’en faire !

Par Brigitte Ponthieu

Je vous propose le deuxième ouvrage de Alexandra TESSOS LE DAUPHIN.

A l’occasion de ce bon-sang de 14 février qui envahit tous les ans nos calendriers, elle a publié le 28 janvier dernier son deuxième ouvrage. Le premier étant « Au boulot Chômette ! » qui a connu son petit succès.

Je viens donc vous offrir une petite coupe de pétillant, je dirais « Champomy. » Non ! Allez on a bien les 10 ans révolus !« Asti Spumante », pour ceux qui connaissent. Il y a bien les bulles festives façon champagne, mais j’avoue qu’il me laisse personnellement quelques petites… aigreurs d’estomac.

Un condensé de conseils, tout comme elle l’avait fait dans son précédent livre sur la recherche d’emploi, et ici, c’est au secours des célibataires de plus ou moins longue durée, au secours desquels elle se lance.

Vous avez tous eu en main un des exemplaires de « Les Nuls pour ... ». C’est un peu l’esprit, pour les célibataires en quête de l’amour avec un grand A. Plus précisément l’ouvrage « anti prise tête pour transports en commun ».

Célibette, c’est ainsi que se nomme notre reporter solitaire, est aux prises avec la panique habituelle suscitée par les deux fêtes que sont généralement Noël et la St Valentin.

La Saint Valentin, instant terrible où fleurissent les cœurs qui se mettent en vitrine.

De déceptions en déceptions, elle fait germer sous nos yeux un positivisme du feu de Dieu pour guider les célib’ à terre qu’elle débaptise en célibattants.

Elle va ainsi recenser tous les cas de figures et astuces possibles, pour trouver son mouton à 5 pattes, son alter ego, son âme sœur. Elle croyait pourtant avoir vécu avec, mais il s’est fait la malle.

Et vogue la galère pour écumer avec elle les réseaux sociaux, les sites de rencontres (on prend la mesure ainsi de l’importance d’internet dans nos vies), les salles de sport, même le lieu de travail.

Avec son aide, parce que si le lecteur en est à ce stade de solitude, c’est qu’il a besoin d’un sacré décodeur, on va décrypter tous les signes comme autant d’indicateurs de prédation réussie, ou de son échec total. Même la phase régime et relooking est passée en revue.

Tout y est ou presque. Je ne déflorerai pas ici sa liste qui se veut exhaustive, autant pour les hommes que pour pour les femmes. Et oui, messieurs, cette galère là n’est pas notre monopole !

Où se cache donc ce célibaciel ? (le contraire de célib’ à terre, vous avez saisi )

Au bout du compte, on se demande si, à s’identifier à l’auteur, on ne fait pas partie des inconsolables « chats noirs » de cette Terre.

Oufff … La toute dernière partie de cette épopée sur la chasse du sexe opposé, vient nous rassurer.

Mais oui c’est possible ! Et arrivés à ce stade, je vous laisse découvrir LA solution !

Bref, le 15 février ça ira mieux !

éditions PIX L   7,90 euros

 

 

 

 

 

 

4 réflexions sur “Putain de Saint Valentin !

  1. Pingback: Le « e-boulet » disséqué par Paula Haddad – La toile cirée

  2. Pingback: « En attendant Bojangles » d’Olivier Bourdeaut… – Arthémiss

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