Journée de la meuf, non merci ! 2/5

Féministe, moi ? Eh bien oui !

Des walkyries poilues qui veulent castrer tous les hommes… c’est ce genre de clichés que véhicule, hélas, le mot « féminisme ». Peut-être devrait-on inventer un autre terme, moins stigmatisé, plus fédérateur ? Hier encore, je faisais partie de ces femmes qui disent : “Je ne suis pas féministe mais…” par peur d’être cataloguée hargneuse!

Pourquoi le féminisme a-t-il aussi mauvaise presse ?

Beaucoup de trentenaires ont le sentiment que l’égalité est acquise, que ces combats ont été ceux de leurs mères. Elles s’imaginent qu’il n’y a plus vraiment besoin de se battre… Grave erreur !

Non seulement il reste encore des inégalités marquées, mais il y a, par les temps qui courent, grand risque de régression. Les lois en faveur des femmes peuvent s’abroger du jour au lendemain, comme on l’a vu récemment en Espagne où le droit à l’avortement a été récemment mis à mal. Actuellement, en France, les centres d’avortement sont en train de fermer : choix économique ou volonté politique de renvoyer les femmes au foyer ?

Personnellement, Il y a à peine trois ans, je n’étais pas du tout féministe ! J’avais l’impression que cela revenait à me déclarer victime. La posture victimiste n’est pas ma tasse de thé ! Et puis, à l’occasion d’un projet de livre, j’ai rencontré des femmes d’autres pays ( l’Algérie, le Maroc, la Tunisie, l’Egypte) qui devaient et doivent encore se battre quotidiennement sur le terrain pour leurs droits les plus élémentaires. Ces femmes se revendiquent haut et fort féministes et j’ai eu honte, moi, de faire la fine bouche. C’est trop facile de pinailler sur les termes lorsqu’on jouit déjà de sa liberté ! Enfants gâtées pourries que nous sommes !

photo article MonaLes femmes dont je parle et que j’ai interviewées dans ce livre (“Musulmanes et Laïques en révolte”) n’ont même pas droit à ce qui nous paraît tellement évident en Europe: la liberté d’expression!  Elles ont payé très cher leur liberté d’expression. On a lancé des fatwas contre elles. Cela ne les a pas empêchées de continuer à clamer haut et fort leurs convictions, sans pseudo et à visage découvert. C’est la colère, la révolte qui les fait avancer. Et leur donne ce courage insensé. Des héroïnes donc !

Parmi elles, on compte des féministes de choc d’à peine trente ans. Pour elles, il est vital de se battre pour leurs droits. Elles nous donnent une leçon à nous, Européennes, qui sommes endormies sur nos acquis. Elles nous font comprendre qu’il ne faut rien lâcher, qu’il faut rester vigilants. Elles m’ont secouée, réveillée. C’est par solidarité avec elles que je suis devenue féministe !

Au moment où j’ai interviewé ces femmes (en 2014), la France était encore en paix, du moins le croyais-je. Elles me parlaient de l’immense danger que représentait l’Islam radical. L’une d’entre elles (une journaliste algérienne) me racontait comment des hommes armés étaient entrés dans la salle de rédaction où elle travaillait. Ils avaient massacré tous les journalistes à la kalachnikov. Elle avait survécu. A l’époque, j’étais loin de m’imaginer que cette scène de guerre pouvait se produire en France, en pleine salle de rédaction parisienne. J’étais bien loin d’imaginer qu’à peine un an plus tard, mon ami Georges Wolinski (avec lequel j’ai commis un livre)  serait lâchement assassiné en plein comité de rédaction de Charlie Hebdo !

Une autre femme, Wafa Sultan, une syrienne, me disait :

L’Occident doit rester ferme. Je vous en prie, protégez votre civilisation ! Au cours de votre histoire, vous avez payé le prix fort pour atteindre ce niveau de civilisation et maintenant vous êtes sur le point de le perdre. Sachez que le Jihad est déjà implanté en France ! Défendez vos valeurs ! Ne tenez rien pour acquis ! La France est un beau pays, protégez-le de ce fléau qui le menace !

A l’époque, je comprenais à peine ce qu’elle voulait me dire. Aujourd’hui j’ai compris.

Après les attentats du 13 Novembre, un fait est devenu parfaitement clair :  là où les juifs sont menacés, là où les journalistes sont menacés, là où les femmes sont dénigrées, c’est notre société toute entière qui est en danger.

Je rends donc hommage à toutes ces femmes lucides et combattantes qui s’expriment dans « Musulmanes et Laïques en révolte ». Pas seulement pour leur combat féministe mais pour la sauvegarde de la démocratie et de la laïcité. Et également pour le combat acharné qu’elles mènent depuis des décennies contre le « fascislamisme » !

Aujourd’hui plus que jamais, LEUR COMBAT EST AUSSI LE NÔTRE.

Monique Ayoun

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