Quand on veut, on peut !

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Ou comment j’ai écrit un roman au milieu d’une forêt, sans internet et… NUE !

Non, je n’ai pas été enlevée par une tribu de réducteurs de têtes en forêt amazonienne.

On ne m’a pas ôté tous mes vêtements de force et collé un ordinateur entre les mains en m’ordonnant d’écrire une belle histoire, et que j’avais plutôt intérêt à m’y mettre, parce que des réducteurs de tête énervés, ça réduit. Non.

On peut vivre en région parisienne, avoir une vie presque normale (si on considère que vivre en région parisienne est normal, ce qui n’est pas mon cas) on peut donc, disais-je, être madame presque tout-le-monde et décider de s’extraire du bruit, des gens, des magasins, accepter de se connecter au monde virtuel au prix d’efforts insensés à notre époque, et de vivre à poil.

Ce chalet n’est pas une petite cabane en bois comme on en trouve au bord des étangs à pêcheurs. Ce chalet était ma maison, ma deuxième maison qui est devenue la première. C’était très beau, très cocoon, comme posé dans une bulle que la vie de dehors n’atteint pas.  Vivre nu devient une sorte d’évidence quand la normalité est la nudité.

Là, les voitures n’ont pas le droit de circuler dans les allées, c’est interdit. Il n’y a pas de réseau, enfin si un petit peu, si je monte sur la mezzanine et que je me colle la joue à la vitre. Il y a des gens nus qui se promènent dans les chemins, il y a un sauna que l’on nomme entre nous « radio sauna », parce que c’est là que ça déblatère à tout va, il y a une piscine l’été, une salle de sport, un resto mais… il n’y a pas d’internet dans les chalets.

Mais il y a une salle wifi.

À l’ancienne, je faisais donc la liste des informations à googliser sur mon grand cahier et, ordinateur dans ma sacoche en bandoulière, à poil et en bottes Aigle en été  ( riez pas ) doudoune et bonnet en hiver, je me rendais à l’entrée du centre. Trois cent mètres de petits chemins boueux, pour atteindre la fameuse salle wifi. Je ne suis jamais allée en prison, pas encore, mais installée là, il est assez facile d’imaginer la chaleur d’un parloir. Chaises en plastique et planches sur tréteaux dans un local aux murs couverts de grands panneaux faits mains, comme un exposé de CM2, expliquant la naissance du centre il y a une cinquantaine d’années. Pas envie d’y trainer des lustres.

Je lisais mes mails, je faisais mes recherches, je prenais des notes et je retournais vite fait dans ma grotte. Et j’écrivais, pas dérangée du tout.

Et un jour d’octobre, alors qu’il n’était plus question d’écrire nue parce que quand ça caille, la naturiste enfile un pull,  mais que j’avais pris l’habitude de ne plus avoir l’habitude d’internet, un jour j’ai mis un point final à mon roman. Et j’étais super fière !

Ce premier roman a vécu une grande aventure. Pas forcément celle qu’il attendait, mais il était un peu naïf, il savait pas tout, ce petit jeune. Il a donc été publié. Il a même eu un nom qui ne lui plaisait pas… Aime-moi comme tu es, c’est pas exactement ce qu’il voulait raconter, il a eu un peu peur de se retrouver dans le rayon romances…bon, il ne s’est retrouvé dans aucun rayon. L’honneur était sauf.

À l’heure où j’écris ces lignes, je vis en Amazonie. Sans blague. J’ai quitté le centre de culs nus, chargé ma valise de robes d’été, et j’ai suivi le héros de mon roman, ici, en Guyane. Les héros, les vrais, on les suivrait n’importe où, vous savez.

Ici, toujours pas de réducteurs de tête en vue. Personne pour me contraindre. Je commets l’écriture de mon plein gré.

Et comme un grand bouleversement en provoque d’autres, je divorce de mon éditeur, en consentement mutuel, c’est mieux pour tout le monde. Mon bouquin reprend le droit de vivre ailleurs. Ça sera comme une nouvelle naissance, avec un nom qui lui va bien. Qui sait…

Et comme l’écriture est une maladie chronique,  j’ai écrit mon deuxième roman. Habillée. Léger, mais habillée.

Et sans attendre, un troisième est en route.

Celui-là, il parlera d’Amazonie, je lui dois bien ça.

Vous voyez, quand on veut, on peut !

11 réflexions sur “Quand on veut, on peut !

  1. Bonjour,

    J’ai vraiment apprécié lire votre article, et il m’empresse de m’essayer à l’un de vos romans, quel est votre nom d’auteur ? Je découvre ce blog seulement maintenant mais je pense que je vais m’y plaire ici. Merci pour ces lignes très sympathique ! 🙂

    Aimé par 1 personne

  2. J’ai bien aimé lire votre publication. En ce qui me concerne, les plus beaux poèmes que j’ai composés se rapportent sur mes expériences vécues en tant que modèle nu. La nudité est devenue la source par excellence de mon bien-être et de mon inspiration.

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