Cadéo…cinq lettres.

 

Chaque seconde est un murmure, Alain Cadéo

cadeo

 

par Carole Declercq

Alain. De vous à moi. D’auteur à auteur. Je suis venue à vous par Zoé.

Les premiers mots de Zoé. Cette merveilleuse page en exergue qui ouvre le roman. Elle m’a transportée en un temps que je ne croyais plus possible. Le temps des Bucoliques de Virgile, des Idylles de Théocrite. Le temps de cette littérature qu’on ne veut plus lire par paresse intellectuelle. Qu’on relègue au rang des vieilleries, au profit d’une écriture commerciale aux noms de hamburgers saisonniers: chick-lit, feel good fiction…et j’en passe des plus gratinées que cela.
Pourtant l’argument de Chaque seconde est un murmure est simple, modeste, mais ce sont les meilleures histoires, vous le savez bien.

Iwill, meurtri par la disparition accidentelle de son amour, prend la route. Avec rage, passion, acharnement. Comme on respire, tout simplement. Pour survivre. Car, à 19 ans, on peut aussi être sérieux et grave. « Murmureur » et marcheur, cabossé, il trouve refuge dans la solitude et l’isolement d’un couple improbable qui décide de le ramener vers la réviviscence. De la manière la plus charnelle qui soit.

Creuse, mon fils, lui dit Laston dont le rêve est de percer une colline pour voir si le soleil se lève aussi de l’autre côté. Ecris, mon tendre, lui fait Sarah, voluptueuse, sensuelle, enveloppante comme une liane.

Pourquoi suis-je si sensible à votre écriture, Alain?

Votre prose, foisonnement organique, me fait penser à celle d’un auteur que je vénère, Aimé Césaire. Cahier d’un retour au pays natal.

Torrent poétique, déferlement de boues, de chairs, de fragrances. Chez vous, les femmes sont d’improbables et merveilleux oiseaux. Des sphinges presque cruelles. Les hommes sont chat, loup, renard…Vous revisitez l’humanité: nos membres deviennent des élytres, notre pauvre peau se couvre de la plus dure chitine. Nous voilà insectes qui voltigent! Bestiaire fantastique qu’enveloppe une non moins fantastique nature. Vos pages dégagent des parfums de myrte, d’encens et de thym, nous chauffent les joues de la chaleur de leur soleil. C’est beau, c’est bon comme de l’antique.
Je m’arrête là, Alain. Je ne déflore pas davantage la merveilleuse poésie de vos mots. Je dois en laisser un peu aux autres. Mais n’oubliez pas…enchantez-nous encore.

Ne fermez pas votre grand registre noir…

Chaque seconde est un murmure, Alain Cadéo, Mercure de France, avril 2016, 14 euros

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