Ce qui ne nous tue pas…

ce qui ne nous tue pas

 

En 2012, Marianne va révéler à son petit-fils, venu passer sa convalescence au domaine familial, une tranche de vie qui fut la sienne et qu’elle a décidé de faire émerger à coup de photos, rajoutées chaque jour.

Jusqu’au moment propice pour elle de replonger avec lui au cœur de l’Histoire, son histoire : Paris 1944, la débâcle allemande se profile, et dans les deux camps l’effervescence augmente avant l’inéluctable arrivée des forces alliées.

La fragile et gracile Marianne, la bien nommée, souhaite elle aussi faire partie de ce dernier sursaut de la France vers la délivrance.  

Dans l’absolu, l’ennemi est abjecte, inhumain, rustre, odieux, le pire qui motive son envie d’en découdre avec celui qu’on lui imposera pour sa mission au sein de la résistance.

Elle, la jeune fille de bonne famille, va devoir s’immerger dans le Paris des excès, des beuveries, des trafics en tous genres. Et Marianne, elle, ne connaît rien de ces choses là.

Elle va surtout devenir de façon faussement fortuite, la proie du Capitaine Maximilian Von Wreden, officier du contre-espionnage allemand.

Maximilian, c’est le démon fait ange, une perfection naturelle à couper le souffle, une beauté froide qui vous fait fondre, et sa sensibilité troublante se dévoile malgré lui au contact de Marianne .
L’atout majeur de Marianne, c’est qu’elle est en tous points ce que recherche Maximilian, amateur de jolies femmes au palmarès éloquent.

Marianne ne doit perdre sous aucun prétexte sa raison d’être à ses côtés :

Votre mission sera de tenir le plus longtemps possible, bien qu’il n’aime pas prendre ses aises avec une fille en particulier. Vous devrez photographier les rapports qui vous seront indiqués, contourner la sécurité, nous les faire parvenir sans vous faire prendre, éventuellement lui trouer la peau avec un engin fourni par la maison s’il vous surprend – on vous montrera comment faire le plus de dégâts – et vite vous carapater …

Leurs rendez-vous vont très vite devenir addictifs, pour le beau Maximilian d’abord, séduit par la fraîcheur atypique de Marianne.

Jusqu’au jour où tout bascule, et ces deux êtres, à la croisée des chemins de leur vie, vont se retrouver. Lui, baisse sa garde, pour la première fois, et abandonne tous les codes que la rigidité de son rôle lui impose. Elle, de plus en plus mâture et femme, découvre l’amour à qui les circonstances du moment ne laissent aucune chance. Mais il y a l’heure bleue…

Il est impossible de définir le courage, et le destin nous pousse parfois à en avoir, souvent de façon improbable.

L’auteur, Carole Declerq nous éclaire de manière très accessible et documentée sur cette période troublée. Elle aborde avec beaucoup de sensibilité les émotions de chaque personnage. Des personnages impossible à lâcher. Ils nous attachent, nous embarquent au fil des pages. Les charmes de Maximilian y sont si vivants, les étreintes si charnelles, que ce bel allemand vous capturera, vous aussi, c’est un risque à courir…

Le récit garde une admirable neutralité et nous emporte sans jugement, avec une légèreté paradoxale, dans cet enfer, où malgré tout, le cœur des hommes peut s’exprimer. Elle sublime le pire par des mots jamais édulcorés.

Jusqu’au bout de ce récit vous serez suspendus à ces mots, et comprendrez que « Ce qui ne nous tue pas.. » laisse entier l’espoir d’une vie possible après « ça ».

Par Brigitte Ponthieu.

Ce qui ne nous tue pas, Terra Nova, 19 euros.

 

5 réflexions sur “Ce qui ne nous tue pas…

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