Quand le OUI du grand éditeur arrive.

champagne

Ce texte, je l’ai aimé follement. Je l’ai écrit avec ma vraie voix, sans la brider, sans vouloir faire joli, sans maquillage, je l’ai retourné dans tous les sens, ciselé, j’ai traqué la facilité en gardant la simplicité, j’y ai cru. Les premières réponses sont arrivées, c’était non. Non, pas pour nous, non mais ne vous découragez pasnon retravaillez…Je commençais à le détester, ce texte maudit qui avait eu la grande idée d’aller gratter dans la folie.

Quelle idée ! J’ai commencé un autre roman, pour oublier, pour remettre les compteurs à zéro, pour ne plus rien attendre.

Dans un dernier sursaut, j’envoie quand même mon Gazon des fous à deux ou trois éditeurs, bien trop beaux pour espérer. Mon dernier envoi date du 29 février, je m’en souviens très bien.

Le 29 mars, le téléphone a sonné, je ne l’ai pas entendu. Le message disait « J’ai adoré votre manuscrit, rappelez-moi ». Panique, joie, rêve éveillé, mains tremblantes, incapable de composer le numéro, je m’y reprends à trois fois. J’entends enfin la voix, je n’ai pas rêvé, l’homme à 8000 km, a aimé, beaucoup, je ne trouve pas les mots, je remercie, beaucoup, encore. Mais, ajoute-t-il, il faut maintenant que ce texte plaise au comité de lecture d’Albin Michel. Je m’assois, me calme, rien n’est joué donc. Attendre encore, pas trop longtemps sans doute, ce roman se défendra tout seul, me dit-il, rassurant.

Je reçois quelques mails adorables de l’homme. Deux autres personnes ont émis un avis très favorable. Attendre encore, mais on peut y croire sérieusement.

18 avril, coup de téléphone. Mon manuscrit a convaincu, il va être publié chez Albin Michel.

Une éditrice de cette même maison me disait l’autre jour « Un bon texte trouve toujours son éditeur. » J’ai trouvé le mien. Il faut maintenant réaliser, savourer la joie, comme une récompense inouïe, comme un privilège, et se souvenir de cette attente infernale, de ces jours teintés de découragement et d’espoir, se souvenir, imaginer ce livre dans les librairies, sous les yeux des lecteurs, un livre vivant, mon petit grain de folie qui restera à jamais un des plus grands bonheurs de ma vie. Merci.

23 réflexions sur “Quand le OUI du grand éditeur arrive.

  1. Bravo ! j’ai vécu la même chose il y a 6 mois et mon roman sort dans 13 jours maintenant (chez Denoël) ! (et je n’en suis toujours pas remise) quand sort le tien ?

    J'aime

    • Merci !! Bon, ça veut dire que j’ai six bons mois devant pour continuer à planer…;-) Bravo pour cette sortie imminente et chez Denoël ! Je ne sais pas quand sortira le mien, c’est tout frais, on va en parler ces jours-ci avec mon éditeur. Mais je donnerai des nouvelles, bien sûr 🙂

      J'aime

  2. Albin Michel ! Bravo !!! Il faut toujours défendre ses idées dans la vie et garder l’énergie d’y croire. C’est ce que vous avez fait et j’imagine votre grande joie !

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s