Lady Scarface. Flingueuses et rebelles.

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Lady Scarface

Diane Ducret nous a habitués aux femmes sulfureuses et aux best-sellers. Avec Femmes de dictateurs, elle s’était déjà interrogée sur l’importance de la gent féminine dans l’histoire. Elle réitère l’essai avec Lady Scarface au temps de la prohibition.

Qu’elles s’appellent Mae, (épouse d’Al Capone), Ada et Mina Everleigh « les impératrices du vice », Margaret Collins « la fille au baiser mortel », Virginia Hill « le flamant rose », Bonnie Parker, « la Juliette au révolver », elles sont toutes amoureuses d’ennemis publics n°1. 

Le FBI les traque. Genre cherchez la femme… Qu’importe, elles ont choisi cette vie. Plus, elles ont choisi la liberté. Son intensité qui vous rentre dans la peau.

C’est que ça n’a pas toujours été rose. Elles ne sont pas nées avec une petite cuiller en argent dans la bouche.  Elles ont une revanche sociale à prendre. Pas question de calquer leur existence sur celle de leurs parents quand elles en avaient. Dès qu’elles le peuvent, elles plaquent tout, direction Chicago la magnifique. À l’arrivée, la « magnifique » leur flanque un petit coup dans l’aile, mais elles ne changent pas de but pour autant. La clé ? Les bordels. Elles en  seront les « filles »,  les patronnes ou parfois les gestionnaires. Elles y épanouiront leur goût du luxe, de la fête et du sexe. Toutes ou presque sont de sacrées gourmandes. Il leur faut leur dose et le montrent avec une délicieuse ou provocante impudeur. Ainsi la cassette sur laquelle étaient enregistrés  les ébats de Virginia Hill – sur écoute –   fut  durant  quelques décennies enfermée dans un coffre-fort puis brûlée, jugée « trop choquante ».

Décidément,  nos Ladies Scarface aiment l’amour bruyant, celui qui parle cru, celui qui hurle et parfois claque. File des beignes à celles qui osent venir marcher sus ses plates bandes ou  comme la fameuse Margaret Collins verse des seaux de glaçons dans le cou d’un amant dont l’œil s’attarde un peu trop sur les seins d’une potentielle concurrente. Ça ne rigole pas.

Pas plus du côté du flingue. Pendant des années,  sans l’once d’une morale quelconque, elles vont se faire complices des excursions criminelles de leurs hommes, l’argent est plus fort que la mort… L’Amérique apprendra ainsi que les femmes peuvent tuer…

La mort rôde toujours autour de ces couples éphémères. Elle  les excite encore davantage  ou les rend romantiques, à l’exemple de Bonnie Parker écrivant des poèmes pour son Clyde. 

Oublions la face sombre, car la cause des femmes leur doit un sacré quelque chose. Dans une période tout de même franchement collet monté, les voilà qui portent des pantalons, fument, boivent, jurent, s’autogèrent financièrement, et font ce qu’elles veulent de leurs corps. Chapeau bas !

Lady Scarface est écrit d’une manière très fluide, rafraîchissante. On s’ y amuse. On ne retient pas tout non plus :  le livre est épais. J’aurais aimé que Diane Ducret s’écarte de son angle parfois et entre dans plus de profondeur.

On a tous une bonne raison

À s’être fait jeter en prison

Mais aucune ne fait le poids

Si on y réfléchit deux fois.

Tant de femmes passent leurs plus belles années

Gibier de potence, enfermées ;

De leur bouche, difficile de savoir

Lesquelles sont vraies parmi toutes ces histoires.

Dans ce trou, depuis que j’y suis,

J’ai entendu des secrets de toutes les souris.

Une seule semblait dire la vérité

Voici l’histoire de Sal la Suicidée.

Extrait d’un des poèmes qu’écrivit Bonnie Parker dans sa cellule qu’elle titra « Poésies de l’autre côté de la vie » dont l’histoire de Sal la Suicidée.

Lady Scarface de Diane Ducret. Perrin Plon

Par Roselyne Madelénat.

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