L’angoisse de la page folle. Quelle angoisse…

Sur la Toile, nous ne parlons que des livres que nous aimons. 

S’agissant ici d’un non livre, je me permets de vous dire tout le mal que j’en pense. 

angoisse

Imaginez qu’un vieux médicament générique à deux balles, le baclofène, un relaxant musculaire utilisé contre la sclérose en plaques, pris à très hautes doses, vienne à bout de l’addiction!

Telle est la découverte du docteur Ameisen, médecin alcoolique, qui a détruit en lui l’envie du verre de trop, ou syndrome de la dalle en pente, le craving

Sans effort, et sans le réduire à une abstinence totale et définitive. Ni plus d’effets secondaires qu’un verre d’eau.

Évidemment, l’industrie pharmaceutique et les spécialistes dont il menace les intérêts boudent sa découverte, alors qu’il pense que ce protocole pourrait guérir d’autres addictions.

Et pourquoi pas le tabac? Puisque toutes mes tentatives pour arrêter de fumer se sont révélées catastrophiques…

Au bout de trois semaines de traitement expérimental, sans avoir dépassé les doses, je fume plus que jamais, mais, délivrée de l’angoisse de la page blanche, je peux écrire jour et nuit, sans discontinuer.

Sans faim ni soif ni sommeil.

C’est génial ! Ce produit va libérer le monde entier de toutes ses angoisses. Imaginez la tête des barons de la drogue!

Quand je me retrouve à la clinique de Meudon, je pense toujours que cela fait partie du plan…

Alix de Saint-André.

Le propos était pourtant attrayant.

Au début, je me disais que ça allait forcément décoller, que l’auteure nous baladait un peu, qu’elle jouait à celle qui ne sait plus écrire. Que nenni. Cette molécule a visiblement semé un joli bordel dans son cerveau. Et comme elle ne cesse de repasser en boucle les épisodes de la montée du délire, de l’hospitalisation, de la sortie d’hôpital et de son incapacité à écrire un vrai livre, on comprend bien mais vraiment bien que la bonne surprise n’arrivera pas. Que c’est long, redondant, douloureux, que c’est mauvais !

D’ailleurs, elle est assez limpide dans sa démarche, elle nous dit clairement qu’elle n’écrit pas, qu’elle s’entraine en s’astreignant à deux heures quotidiennes de gribouillages, qu’elle s’oblige à aligner des mots. Ce livre donc. Ce journal de bord. Ce concept. Mais rassurons-nous, elle envisage d’en écrire un vrai après ça. Un comme avant, avant le baclofène, avant qu’elle déraille, avant qu’elle nous inflige cette imposture.

Parce que cerveau embrouillé, peut-être, mais n’aurait-elle pas été plus honnête d’ouvrir une cagnotte Ulule afin que ses lecteurs la soutienne dans sa convalescence plutôt que de nous taxer 21, 50 euros pour ça ?

Imaginez-vous une chanteuse lyrique à la voix brisée qui ferait un disque de ses douloureuses vocalises ?

J’aurais sincèrement préféré des pages blanches à ces pages folles.

En direct de ma déception de l’année, à vous les studios.

2 réflexions sur “L’angoisse de la page folle. Quelle angoisse…

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