Des nœuds d’acier…de Sandrine Collette

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par Carole Declercq

Cela me démangeait depuis quelque temps de relire un peu de littérature dite de genre, même si les classifications me hérissent le crin en général car j’ai souvent vu des qualités littéraires dans de nombreux polars ou romans historiques quand des publications estampillées Littérature Générale issues du sérail relèvent parfois davantage de la notice de montage Ikéa pour l’étagère Billy que du chef d’œuvre goncourable.

J’ai choisi le polar de Sandrine Collette paru en 2013 chez Denoël, Grand Prix de  la littérature policière et Prix des lecteurs au Livre de Poche en 2014. Je me suis dit qu’armé de toutes ces bonnes recommandations, cela ne pouvait pas être un mauvais thriller. J’avoue que le sujet m’a de prime abord un peu inquiétée: un ex-taulard pas très sympathique se met au vert et tombe sur deux vieillards dégénérés, perdus au fin fond d’une forêt elle même paumée au cœur du trou du cul de la France. Ces deux vieux cinglés -l’un est un simple d’esprit, l’autre un pervers- l’asservissent pendant plus d’un an et demi avant qu’on ne le retrouve à moitié-mort sous les coups et les sévices. Honnêtement j’ai craint de tomber sur du Maxime Chattam qui a fait son fond de commerce avec des polars nauséeux et voyeuristes que je trouve personnellement insupportables et souvent très limite.

Le récit de l’asservissement de Théo, le héros, est un récit enchâssé dans celui du médecin qui a recueilli son pauvre corps abîmé et surtout son pauvre esprit égaré. J’ai aimé l’art avec lequel  Sandrine Collette développe les réflexions de Théo, ses interrogations, ses tentatives pour s’en sortir, résister, traquer la petite victoire du jour -un morceau de viande, un verre d’eau- et surtout -l’intérêt de ce roman, selon moi- sa capacité à expliquer les mécanismes psychologiques qui peuvent amener un grand garçon solide, frondeur, à accepter la pire des chaînes humaines, la servitude morale.

Je vous conseille donc la lecture de Nœuds d’acier mais prenez garde! Vous n’en sortirez pas indemnes. Il vous faudra des nerfs d’acier pour ne pas sombrer dans l’ambiance mortifère de cette forêt inextricable.

 

Des nœuds d’acier de Sandrine Collette, Le livre de Poche, mai 2014, 6,90 euros.

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