Épitaphes de Tom Noti

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Par Carole Declercq

 

Le dernier roman de Tom Noti est composé de trois respirations qui finissent par n’en faire qu’une.

La première est celle d’un petit garçon d’une dizaine d’années, Charles. Nous sommes dans les années 50. Quelque peu souffre-douleur à l’école, c’est un enfant bien élevé. Il vit avec sa mère, énigmatique jeune femme dont l’activité principale est d’assister aux enterrements. Charles n’a qu’une préoccupation: plaire à cette maman que l’on sent fragile, apeurée on ne sait trop pourquoi. Le père? Absent. Disparu. Envolé. Mystère!

Deuxième mouvement. Nous sommes avec Henry cette fois. A la fin des années 60.  Jeune instituteur solitaire dans le Nord de la France, il est dans le doute perpétuel, s’inquiète pour ses élèves, commet des erreurs, correspond avec un confrère. Ce qui les réunit: dénicher des épitaphes amusantes dans les cimetières. Troublant. Cocasse aussi parfois.

Ces deux personnages -Charles et Henry- vont se retrouver dans la troisième partie du roman, au prix d’une astuce scénaristique qu’il serait dommage de révéler. Le récit jusque là tourné vers l’introspection devient enquête policière. L’action s’accélère, s’emballe, menée par un feu follet féminin qui apporte une touche de fantaisie à l’histoire.

Ce qui était un roman d’apprentissage devient une poursuite haletante à la recherche de l’identité, du passé. De cette part constitutive de nous sans laquelle il nous est souvent impossible d’avancer.

Le récit se clôt sur une dernière épitaphe avant que les personnages ne prennent un nouveau départ et ne regardent vers l’Amérique. Comme s’il était nécessaire de refermer le grand livre du deuil. Le titre prend alors tout son sens. La mort et ses incidences sociales deviennent le fil rouge qui réunit ces trois respirations. On comprend.

J’ai aimé ces récits de vie, ces bribes d’existence habilement dépeintes, presque décousues et qui soudain se rejoignent et font sens. La plume de Tom Noti s’adapte judicieusement à ses personnages et à leur point de vue.

Épitaphes de Tom Noti, éditions Assyelle, novembre 2015, 14 euros

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