Auteure, blogueuse, chroniqueuse à la télé…Pis quoi encore ?!

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Que je vous rassure, si tout roule apparemment, ça n’a pas toujours été le cas.  Et donc, je persiste : quand on veut, on peut. (Et si on peut pas, c’est peut-être qu’on est fait pour autre chose.)

Il y a un an, je terminais l’écriture de mon deuxième roman. Je terminais douloureusement. Parce que « fraîchement » débarquée en Guyane, mon instrument de travail, mon mac presque tout neuf n’en avait pas supporté le climat et me claquait sous les doigts. Je terminais donc sur un vieux PC dont les touches du clavier me ramenaient sans arrêt en arrière. C’est très agaçant.

Ça faisait donc une sorte de tutti frutti de mots que j’explosais d’un poing rageur, faisant au passage voltiger les quelques touches encore valides. Bref, parce que je suis un peu entêtée, je l’ai terminé, dans la sueur, à bout de nerfs et persuadée que ça ne servirait à rien. Puisque, pour mémoire, j’avais eu l’honneur, l’année d’avant de voir mon premier roman publié par une maison qui en a fait un mort-né.

Ça fout les boules. Non, c’est pire que ça. Exister pour rien est pire que de ne pas être. 

Donc, vraiment très en forme moralement, j’apprends en même temps que ce naufrage que je pars vivre à Cayenne. Je ne situe pas vraiment sur la carte du Monde, mais je sens d’instinct que ma dépression va y être grandiose.

Et elle le fut. 

J’avais donc commencé l’écriture d’un deuxième roman avant de partir (notez que je dis « deuxième » et pas « second », parce que quand même convaincue que ce ne serait pas le dernier), toute offerte à ma dépression super inspirante, je le termine. Et j’envoie. Mais peu, à quelques maisons, et sans rien attendre, mais vraiment rien.

Pour passer le temps, histoire d’avoir de bonnes raisons de ne surtout pas mettre le nez dehors, je reprends mon blog laissé en jachère. J’y parle un peu des bouquins des autres (ces veinards), des coulisses de l’édition, et j’y poste quelques extraits de ma dernière oeuvre, comme une bouteille à la mer, sait-on jamais…Précision : la mer d’ici est très opaque, un peu comme de l’eau de vaisselle mélangée à du chocolat au lait. Aucune chance qu’on repère ma bouteille.

Je Facebook beaucoup (trop), ça me donne l’impression d’être encore en métropole, avec les copines et les copains. Je facebook surtout.

Et je rapatrie quelques copines vraiment chouettes sur le blog. Elles deviennent rédactrices et c’est plus drôle que d’être seule. Le moral remonte.

Après trois moi ici, c’était toujours très compliqué. Enfin, c’était assez étrange. Un peu comme quand tu rencontres un mec qui te plait pas vraiment mais qui te fait sourire un peu. Tu sens que le potentiel est là, mais qu’il va falloir aller y voir profond.

Faut quand même prendre en considération que le mec en question, il transpire beaucoup, il est chaud bouillant tout le temps, il t’a refilé des champignons dans les oreilles et des bactéries dans la vessie, mais, mais…il est vert, il pète le feu, il trempe ses orteils dans une mer pas très clean mais chaude comme un jacuzzi, il héberge des animaux vraiment très exotiques et il envoie des fusées dans l’espace.

Après, il parait que si vraiment tu le connais bien, il t’emmène voir sa famille d’il y a longtemps, des vrais pur jus, tout au fond de la forêt, à moitié à poil, en kalimbé rouge. Ils habitent au bord du fleuve, celui qui monte et descend au rythme des marées.

Ce mec là, je l’aurais pas choisi. Mais on s’est rencontrés. 

Quelque chose s’est passé. Malgré toutes mes résistances la Guyane m’a ouvert sa forêt, m’a secouée un peu les plumes emmazoutées dans mon blues, et je suis partie à sa rencontre. Tout est devenu beaucoup plus beau. Bien plus que beau. Je suis tombée in love ! 

Et comme un bonheur n’arrive jamais seul, un coup de fil est arrivé. Albin Michel, m’sieurs dames, rien que ça ! Le coup de fil aussi beau que les jours les plus beaux de la vie.

Aujourd’hui, ça fait un an et un mois en Guyane. Je n’ai plus envie de la quitter. Elle est de ces beautés mystérieuses pas tapageuses, de ces choses qui se méritent, qui se gagnent et n’en finissent pas de surprendre. Elle est dans ma vie, elle est ma vie, elle m’apprend la vie. 

Et puis la télé. Comme une continuité du blog. Y parler des livres que j’aime, carrément. J’ai proposé le projet, sur la suggestion d’une amie que je n’ai pas prise au sérieux mais que j’ai écoutée quand même (merci Martine ! ), et le projet a fait son chemin. Les premières chroniques ont été tournées pour Guyane1ère, un ancrage de plus dans cette vie d’ici, je découvre un nouveau monde, je rencontre des gens magnifiques et je ne prends définitivement plus de somnifères.

Je profite donc de ce bilan plutôt super positif pour vous encourager à vous secouer le cocotier, à aller chercher le bonheur avec les dents, pour remercier mes Malfauteuses de compétition : Brigitte, Carole, Mona et pour emmerder joyeusement les quelques rares qui ont préféré me planter la hache du mépris dans le dos, décrétant que le bonheur ne m’allait pas très bien.

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