Brigitte Bardot, L’art de déplaire de Marie Céhère

Ou : « Quand un OVNI écrit sur une extraterrestre ».

bb-roman

BB la sulfureuse, l’insoumise, la femme-enfant, la fille de bonne famille nous est présentée dans cet ouvrage sous un jour sans doute nouveau. Peut-être parce que l’auteure partage avec la star quelques traits communs, peut-être parce qu’il fallait ce souffle de jeunesse désinvolte mais lucide et talentueux pour nous parler du phénomène BB.

Car finalement que sait-on de celle qui fut la plus belle femme du monde en évitant soigneusement de ne jamais ressembler à une dame ?

Indomptable Brigitte Bardot pétrie de complexes – difficile à croire, mais vrai – pas fascinée par ce métier qu’elle n’a pas choisi, féministe mais recherchant la présence des hommes virils et même machos, histoire d’en découdre avec eux et de les laisser sur le carreau après que la tempête BB soit partie en ébouriffer d’autres… Elle est celle que toute femme rêverait d’être, causant franc et cru, arborant son irrésistible moue de petite fille, n’usant d’aucun des artifices dont les vedettes de l’époque abusent allègrement, BB est nature, joyeuse, ingérable, adorable et détestable, mais elle est BB, aucune femme ne peut rivaliser. Elles lui copieront ses tenues, ses coiffures, mais l’insoutenable légèreté de son être est inimitable, unique, quoiqu’elle fasse, quoiqu’elle dise, elle crève l’écran. La jupe ouverte jusqu’à mi-cuisses, dansant pieds nus son indomptable liberté dans Et Dieu…créa la femme, le monde est en extase, outré, envieux… Elle ne joue pas un rôle, c’est le rôle qui joue à BB.

« Contrairement à ce que ses admirateurs et ses détracteurs voulaient croire ou faire croire, Brigitte Bardot n’a jamais été une fille facile ou une marie-couche-toi-là. De l’aveu de plusieurs de ses amants, elle serait même l’exact opposé : une fille compliquée. Et les personnages qu’elle incarne ne font que grossir ce trait. Dans la majorité de ses films (Le repos du guerrier, La femme et le pantin, Une parisienne,…), le même schéma est reproduit. Il faut qu’un homme, s’il lui plaît, soit à genoux devant elle pour qu’elle lui accorde sa confiance. Il faut qu’il soit aussi misérable, fou, instable, terrorisé qu’elle, sinon elle le fuit et continue de le faire souffrir. »

C’est elle qui décidera quand l’heure sera venue d’arrêter de jouer. Elle ne fera rien pour contrer les marques du temps qui passe et s’engagera corps et âme dans la défense des animaux. Là encore, quoiqu’elle fasse, elle sera adorée ou détestée, moquée, tournée en ridicule. Comme d’habitude, elle répondra « j’m’en fiche! »

Nous quittons BB à cet âge qui devrait lui permettre enfin la paix, en l’imaginant redécouvrir sa vie à travers les mots de cette jeune auteure qui, pour l’avoir si bien auscultée, doit partager un peu de la même sève. Un art majeur existe, l’art de déplaire. Tout n’est pas perdu, la relève échevelée est assurée !

Je vous conseille absolument ce livre ouvragé avec précision et d’en prendre une bonne bouffée d’insoumission !

 

Brigitte Bardot, L’art de déplaire – Marie Céhère –

Éditions Pierre-Guillaume De Roux  2016

Cette chronique figurera dans une toute prochaine émission « Des livres et vous » par Cathy Galliègue sur Guyane 1ère.

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