La tristesse des éléphants

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Alice a disparu. Brillante chercheuse, elle a consacré son sujet d’étude à la tristesse des éléphants, et notamment aux inconsolables matriarches lorsqu’elles perdent un petit. Elle va quitter l’Afrique pour suivre Thomas dans son refuge pour les éléphants.

Le couple de chercheurs donnera naissance à une petite Jenna qui deviendra la petite héroïne de ce roman.

Parce que Thomas est devenu fou, parce qu’Alice a disparu alors que Jenna n’avait que trois ans, nous retrouvons la petite dix ans plus tard quand à treize ans elle décide de remuer le ciel et la terre pour retrouver sa mère.

L’adolescente va se faire aider dans ses recherches par Serenity, une voyante aux cheveux roses qui fut une star de la télévision, révélée pour ses capacités à convoquer les défunts, mais que le showbiz a renvoyée dans ses pénates lorsque son don l’a soudainement quittée.

Il y aura aussi Virgil, inspecteur en charge de l’enquête sur cette disparition, qui a rendu sa plaque après avoir échoué lamentablement dans cette affaire et s’est reconverti, comme il se doit, en détective accro à sa bouteille de Jack Daniels.

Les protagonistes vont tour à tour tirer les fils d’une pelote bien emmêlée. Le lecteur plonge forcément, malgré des personnages exagérément caricaturaux, peut-être parce que les personnages les plus attachants, ici, sont sans conteste les éléphants.

L’auteur restitue un travail de recherche méticuleux sur leur tristesse inconsolable lorsque l’une d’elles perd un petit et sur cette légendaire mémoire qui leur interdit l’oubli. De même, les éléphants n’oublient jamais les mauvais traitements reçus en captivité, mais sont capables de pardon.

Les éléphants, sans aucun doute, comprennent la mort. Ils ne s’y préparent peut-être pas comme nous; ils n’imaginent peut-être pas des vies compliquées dans l’au-delà, à la façon de nos doctrines religieuses. Pour eux, la tristesse est plus simple, plus propre. Elle porte entièrement sur la perte.

L’émotion est là, dans les nombreuses situations qui confrontent l’humain à ses faiblesses, à sa cruauté parfois et à son ignorance, souvent.

Et l’histoire prend alors tout son sens. Car comment une chercheuse, bouleversée lorsqu’elle étudie l’attachement viscéral des éléphants à leurs petits pourrait-elle fuir en abandonnant son enfant de trois ans derrière elle ?

On passe sur les clichés, sur les caricatures de personnages plus américains que nature et si l’auteure raconte plus qu’elle n’écrit, les éléphants nous maintiennent dans l’histoire en nous baladant d’une rive à l’autre : la mort, la mémoire, la tristesse, le deuil, la vie.

Entrer en conflit avec les gens qui vous haïssent équivaut à réaligner les chaises longues sur le pont du Titanic. 

La tristesse des éléphants – Jodi Picoult – Actes Sud 

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