Personne n’a oublié

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Sam a huit ans, il vient de mourir. Sam était la prunelle des yeux de sa mère, Colette. Il était aussi son coeur, sa chair, sa vie. Elle ne tenait debout que par lui, à travers lui, les bras et tout son être de mère, aussi entière que morcelée par sa vie de misère, tendus vers son petit garçon.

 

Faut dire que rien ne lui avait été épargné. Elle s’était résignée à vivre auprès d’un mari dont personne ne voudrait, un colosse taciturne et repoussant, une bête presque. Réduite à l’état de domestique au service de François, elle encaisse sans broncher pour que surtout le monstre ne se mette pas en colère et que la colère ne s’abatte pas sur Sam.

Nous sommes au coeur d’un village du Morvan, au début des années soixante, et nous entrons dans l’existence d’une femme sans histoire, une femme qui se tait, comme tout le monde.

Colette veille sur Sam comme le lait sur le feu. Elle ne le laisse jamais seul avec François. Sait-on jamais.

Ce jour-là, le jour du drame, elle l’a laissé seul. Pour la première fois. Elle ne cessera de revoir le corps de son enfant sur le sol de la grange, le crâne éclaté, la jambe désarticulée, baignant dans son sang. Elle ne cessera de se rendre coupable de n’avoir pas été là, une seule fois, une toute petite fois…

Colette ne vit plus. Son souffle est resté suspendu au-dessus de celui de Sam. Elle erre dans la vie, elle s’acquitte de ses tâches quotidiennes – personne ne le fera pour elle – mais elle ne peut pas se résoudre à la thèse de l’accident.

Elle va alors partir en quête de la vérité. En douce, sans faire de bruit, sans éveiller les soupçons de celui qu’elle pense être le meurtrier.

Et la vérité éclatera, mais elle n’arrivera pas seule. Elle trainera avec elle des secrets entremêlés, des vies imbriquées les unes dans les autres, des hontes de guerre, des amours saccagées pour rien qui renaîtront ailleurs, balayant l’horreur, rallumant la lumière éteinte et les coeurs fatigués.

Un premier roman qui se lit d’une traite, une histoire très cinématographique, très bien ficelée, qui ne laisse à aucun moment deviner l’issue. 

Personne n’a oublié – Stéphanie Exbrayat Terra Nova

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