Naija. Thierry Berlanda

Naija 2

Par Cathy Galliègue & Brigitte Ponthieu

Il y a ces livres que l’on referme, ému, touché par le style, par l’histoire savamment balancée, par cette chose indéfinissable qui fouette le lecteur…

Ils sont rares, ces livres-là.

Plus rares encore, ceux qui combinent les qualité précitées mais qui en plus forcent la réflexion, ne vous laissent pas en paix : comment l’auteur a-t-il « fait ça » ?
C’est exactement ce que nous a infligé Thierry Berlanda avec son dernier né, Naija.
Et nous ne comptons plus les heures à débriefer, à émettre des hypothèses, à disséquer chaque détail, parce que chaque détail compte dans ce thriller, cette fiction scientifique si proche des frontières du réel qu’elle glace le sang jusqu’aux os.

C: Ça y est, avec quelques jours de retard sur toi, j’ai terminé ! Comment imaginer qu’à 5 pages de la fin, il nous fasse ce coup-là ?!

B : Dingue ! Oui, il nous a pourtant prouvé avec talent dans la précédente trilogie qu’il maîtrisait parfaitement les ficelles d’un excellent suspens, mais là…

C : En plus, au-delà du suspens, tu as remarqué les thèmes puissants qui se dégagent de ce bouquin ? C’est pas de la science-fiction, nom d’un chien ! Et puis cette précision horlogère, tu imagines le boulot de recherche qu’il y a derrière ?

B: Et d’emblée le ton est donné, reprends ce passage p. 105 (Salmon s’adressant à Justine) :

– On entre dans le dur, c’est ça ?

– Ouais. Tu vas rapidement savoir si tu as choisi la voie qui te convient, parce que là, on s’apprête à entrer dans un truc où aucun autre flic que nous ne pointe son nez.

– Quoi, tu as une piste ?

– Disons une intuition, encore assez nébuleuse.

– Et ?

Salmon tourne la clef de contact en grimaçant.

– Et c’est du très vilain.

C: Décapant ce dialogue ! Mais au final, les passages de cette puissance s’enchaînent tout au long du livre, de la Picardie profonde au Jura de Justine la rouquine, des bas fonds de Marseille au Nigéria, il nous balade bien le bougre !

Naija 3

B: Oui ! À la façon d’un grand reporter, caméra au poing… Et nous vivons les investigations tumultueuses de cette étrange enquête, exaltante et palpitante de réalisme. On se prend des montées d’adrénaline en rafales… on pense avoir compris, on souffle… et non, ça repart de plus belle, dans une autre direction, en convoquant des détails improbables, un ongle cassé, trois panthères noires….

C : Et partir d’une bétaillère utilisée comme instrument de torture pour arriver au négoce de viande pas animale, franchement, je l’ai pas vu venir ! Mais tout s’emboîte, tout s’articule, parce que justement, comme tu le disais, le moindre détail n’est pas jeté au hasard.

Ensuite, elle se repasse le film de l’enquête depuis le début. L’enchaînement lui parait bon, mais il semble tourner à l’aporie : quelqu’un quelque part sur la planète a payé trois mercenaires déguisés en mannequins pour coller Fabre dans une bétaillère ! C’est une vengeance. Mais pourquoi pas plutôt une simple balle dans la tête ? Pourquoi monter ce carnaval avec trois danseuses noires en costume de panthère ?

 

B: Thierry sait aussi avec talent, outre le rythme imprimé de main de maître à l’intrigue, insuffler ce que sa pensée philosophique nous inspire, habile dérive, qui nécessairement nous plonge dans une vraie réflexion sur l’Homme et son goût de jouer les apprentis sorciers, éternel insatisfait de sa nature première.

Rien n’est simple dans cette histoire où foisonnent les personnages. Les relations mêmes des deux protagonistes Justine et Salmon, sont loin d’être évidentes au sein du Titan :

Qu’est-ce qui le motive ? Il se contente de faire le job pour toucher sa paie ? Mais alors il ne serait pas le Titan !!! Il serait chef de gare à Périgueux ou médecin militaire. En quoi il croit ? Pourquoi il risque sa peau depuis des années en se frottant aux pires assassins ? Il a 56 ans et en paraît dix de plus : pourquoi il s’en fout ?

C: Exactement ! Tu m’enlèves les mots de la bouche ! Alors comment on fait ? Tu le chroniques ? Je le chronique ? C’est qu’il faut être à la hauteur d’un phénomène pareil !

C & B : Et bien ça aura été ni l’une ni l’autre, mais les deux.

Il fallait au moins ça pour vous transmettre notre enthousiasme et participer à la propagation du virus Naija. Accrochez votre ceinture, c’est un grand film d’action qui vous attend au fil des pages. Vous n’en sortirez pas indemnes !
Encore tous nos remerciements à Thierry Berlanda, et nous n’avons toujours pas compris comment il a commis ça. Fils de Dieu ? Psychopathe ? Nous y sommes allées de toutes les suppositions possibles, mais nous avons conclu qu’il est habité par un rare talent qui ne s’explique pas, mais se lit.

ps : Comme le hasard n’existe pas, le livre à peine refermé, nous tombons sur ce reportage qui ne peut qu’interpeller.

« Zhenan Bao est lauréate du prix L’Oréal-Unesco pour les femmes et la science en 2017 pour ses travaux sur les polymères fonctionnels extensibles utilisés pour l’électronique grand public, le stockage d’énergie et les applications biomédicales. »
Avec son équipe au sein de C3NANO, Elle est sur le point de reproduire la peau humaine à partir d’une sorte de plastique, non polluant, capable de se régénérer.

Source Wikipedia

To be continued…

Bonus pour parfaire l’ambiance : Victor Uwaifo (musique nigérienne) p 175.

 

Naija – Thierry Berlanda – Éditions du Rocher

Une réflexion sur “Naija. Thierry Berlanda

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