Dos au mur

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Quoi de neuf chez Nicolas Rey ? 

Cocaïnomane, alcoolique, talentueux, on le savait. Ce que dévoile ce bouquin, c’est lui, l’homme en coulisses. Un homme qui se place lui-même en garde-à-vue et passe aux aveux. D’abord pour son père. Un père qu’il tète, un père nourricier, souvent méprisé mais qui là, mérite un merci.

Le mensonge, c’est toute la vie de Nicolas Rey. Il est menteur et fourbe, il entourloupe, il navigue comme il peut , il est beau, un peu dandy, un peu mystérieux et puis il a cette plume. Qu’aurait-il fait sans elle ?

Les années de débauches lui tombent sur le pancréas. On ne reconnaît plus que ses yeux à la télévision. Ses yeux et cette indicible chose, la sincérité des menteurs. Il en a marre. Oui, il a plagié vingt pages, à un pote qui les lui a données. Nicolas avait la pression. Les vingt dernières pages pour demain. Le pote lui file. Il prend.

Et il écrira ce livre pour avouer ces vingt pages qu’il n’a pas écrites, au regard de combien, écrites de sa main. Aucun scandale n’éclate. Il préfère, lui, attacher à ces pages empruntées les mensonges inavoués. Il livre tout, d’un bloc, ses errances, ses addictions, son amour à ce père tant et mal aimé. Dos au mur, puisque le verdict médical est tombé, sa vie désormais clean l’oblige à écrire laborieusement et certainement avec beaucoup moins de plaisir, il dresse un bilan sans mentir de qui est Nicolas Rey. Aucune drogue, aucun alcool ne créé l’artiste. Ses mains tremblent sur les plateaux de télévisions, il ne les cache pas. Il se montre, lui, l’ex beau gosse pétri de talent, aujourd’hui courbé sous l’horrible fardeau du Temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il a décidé, sans trêve de ne plus s’enivrer de ces choses-là. Mais de quoi, alors ?

Les drogues, l’alcool, lui permettaient un semblant d’authenticité. Avec les femmes de sa vie, même combat : lutter entre le vrai et le faux, l’amoureux et le tordu, tenter de rattraper au vol et puis perdre. Tout. Son enfant.

Ici, débarrassé du simulacre, plus tout à fait aussi beau garçon mais avec toujours ce regard plein de tendresse, il nous livre sans doute ce qu’il y a de plus vrai.

Les mots sont simples, plus d’effet de style, un récit comme craché à sec, au petit matin, sans rien d’autre que la volonté de dire la vérité du mensonge. La dire et repartir à zéro.

Plus c’est beau et moins je fais long.

Dos au mur, on ne peut que regarder en face. 

2 réflexions sur “Dos au mur

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