Le silence des rails de Franck Balandier

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Alors qu’est annoncé comme l’une des publications majeures de la prochaine rentrée littéraire le nouveau roman de Franck Balandier, Gazoline Tango, aux éditions du Castor astral, il me semble urgent de vous parler du Silence des rails, roman paru en 2014 aux éditions Flammarion, que j’ai lu voici quelque temps. Je me dis que l’évocation de l’un ne manquera pas de vous mettre l’eau à la bouche et de vous donner l’envie de découvrir l’autre.
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Je suis un tueur humaniste de David Zaoui

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par Carole Declercq

Babinsky, en quelques mots, c’est le gendre idéal mâtiné d’un soupçon de fée du logis. Plutôt beau garçon. Sérieux, ponctuel. Appart impeccable. Fin cuisinier. Il emmène même sa copine en vacances en Toscane et se lève aux aurores pour lui concocter de bons petits plats. C’est dire si on  en veut un comme ça! Son métier n’est même pas le défaut de la cuirasse car il est tueur à gages humaniste. Ne cherchez pas, il n’y a pas de formation initiale au CNED. Tout est question de feeling: son empathie naturelle pour le genre humain le prédispose à considérer sa future victime -le plus souvent, une parfaite ordure- dans sa globalité d’être pensant et désirant et il ne peut lui donner l’absolution finale qu’après l’avoir rendue complètement heureuse en exauçant son dernier vœu. Il suit donc son petit bonhomme de chemin au fil des contrats, Babinsky, jusqu’au jour où il tombe sur un os et se prend les pieds dans le tapis de l’amitié, la vraie, celle qui remet en cause l’essence même de ce qu’est son boulot…

Je suis un tueur humaniste est construit sur un paradoxe jubilatoire et l’écriture pince sans rire de David Zaoui participe de ce paradoxe car comment raconter autrement que par l’humour discrètement instillé les aventures inénarrables d’un « buteur » professionnel qui se rend compte petit à petit que le don de viser juste et loin sans faillir s’est doublé du don d’aimer vraiment son prochain? Lisez ce drôle d’ovni décalé qui navigue entre malice, légèreté et gravité. C’est une sorte de chemin de vie. Vous ne le regretterez pas et c’est une prescription de la Toile cirée. Donc, ne vous gênez pas!

Je suis un tueur humaniste, de David Zaoui, éditions Paul & Mike, 2016, 16 euros.

 

 

Les naufragés de la salle d’attente de Tom Noti

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par Carole Declercq

Ce sont des gens dont on croise le regard une fraction de seconde, et cela ne va guère plus loin. Ces gens, ce sont les inconnus des salles d’attente. Sur l’espace d’une vie, on en croisera cent ou mille et ils resteront à jamais réduits à la couleur d’un regard, au choix d’un magazine et au son d’une voix. Mais à Grenoble, un jour, la Fortune fixe un clou à sa roue: un tramway déraille. Catastrophe. Le quartier est plongé dans le noir. Panne d’électricité généralisée…Et chez Monsieur Vignier, psy de son état, c’est la panique. Lui, on ne sait pas où il est passé. En revanche, François, Gabriela et Hervé sont bien conscients qu’ils sont bloqués pour un paquet d’heures dans son cabinet. Plus question de se laisser réduire à un regard ou à une voix. Il faut gérer l’urgence.

Tom Noti aurait pu s’engouffrer dans la facilité en développant le burlesque de la situation. Il ne l’a pas fait même si certains moments sont franchement hilarants. Au fur et à mesure qu’ils se parlent, s’écoutent, se heurtent, se sourient, cherchent des solutions, ses trois héros montrent une épaisseur psychologique qui leur confère beaucoup d’humanité. Jusque dans leurs petites faiblesses, ils sont attachants. Au détour d’une conversation, l’Histoire, dans ce qu’elle a de plus sombre, les rattrape et l’émotion surgit, légère, subtile. Ces trois-là reprendront le cours de leur existence, plus neufs, plus sereins et nettoyés de leurs interrogations. Ce que Monsieur Vignier n’aura pas réussi, une panne de courant l’aura fait.

  Les naufragés de la salle d’attente est un roman faussement léger. Quand il nous fait sourire, c’est pour mieux anticiper et aborder l’instant de gravité qui va suivre. Une jolie découverte des éditions Paul & Mike.

 

Les naufragés de la salle d’attente, de Tom Noti, éditions Paul & Mike, 2016, 16,00 euros.

La trilogie d’Elena Ferrante

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Ça y est! J’ai mis mon nez dans la trilogie d’Elena Ferrante… Premier reniflage vaguement curieux, intéressé certainement. Tout dans l’Italie me plaît. Et j’ai reçu un plein paquet d’images. La claque magistrale qu’augure chaque visionnage d’un De Sica ou d’un Rossellini, voire d’un Comencini pour l’âpreté. C’est une fresque, une vraie, comme nous n’en avions pas eu depuis longtemps. J’ai beaucoup d’admiration, en tant qu’auteur, pour ce genre de travail d’orfèvre qui nous ramène au temps des feuilletons dans les journaux du XIXème siècle où la concision n’avait pas le droit de cité. Et c’est tant mieux! Vive les détails, vive le déballage, vive la véracité qui n’est possible que dans l’énumération et l’accessoire qui font tranches de vie. A bas les effets et les coups de manchette.

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Ray Bradbury, Le zen dans l’art de l’écriture

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Vu de France, dans l’esprit du commun des mortels, il n’est que l’auteur des Chroniques martiennes ou de Fahrenheit 451. Vu de près, au gré des écrits qu’il a laissés, nous découvrons qu’il est un humaniste rempli d’humour, homme engagé, créateur infatigable, auteur de romans, nouvelles, poèmes, pièces de théâtre sur près d’un demi-siècle, esprit acéré, curieux et naïf à la fois s’interrogeant inlassablement sur les affres de la création…« Chaque histoire était un chemin qui me conduisait vers mes moi-mêmes… »
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Ils se dénudent pour vous…Les éditeurs passent à table sur la Toile Cirée.

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Vous avez le cœur battant. Vous l’avez lu et relu. Corrigé. Il est parfait. Hop, dans l’enveloppe! Avant même que ne vous parvienne une gentille lettre de refus, ne s’installe un silence éloquent ou ne retentisse le coup de fil libérateur qui vous rend euphorique, comment travaillent les éditeurs et directeurs de collection ?

Les Malfauteuses s’y sont collées. Elles ont passé à la question quelques éditeurs. Après une première série d’entretiens au printemps dernier, elles y retournent pour vous. Aujourd’hui c’est Bertrand Augier des Éditions ANTIGONE 14 qui a joué le jeu et pour vous se dénude. Une condition : le refus de la langue de bois.

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